C'est encore Tic Tac qui parle.  Qui est donc cette Marie-Jo qui m'interpelle sur cette malheureue "affaire "? Ainsi, comme je le craignais, je vais faire le "buzz" (est-ce ainsi que vous dites ?...).  Voilà que cette bagatelle va devenir plus importante que l'affaire entre Fillon et Jouyé (je ne connais pas l'orthographe des hauts fonctionnaires : ils m'insupportent). Quant à "l'avoinée" à laquelle j'aurais eu droit, très chère, croyez-moi si vous voulez, mais bernique !  Rien du tout ! J'aurais aimé, cependant : c'est bon, l'avoine. Mais mon maître est tellement radin qu'il me refuse l'avoine, c'est fol, ça , non ? (là, il y a un jeu de mots ; je le précise, parce que je ne suis pas sûr que vous l'ayez décelé, je suis si subtil que mon maître a parfois de la peine à me suivre..; le pauvre ! Ce doit être l'âge...). Et puis c'est quoi, ça, "jouer les filles de l'air" ? Je ne suis pas une fille, bien qu'on m'ait stérilisé! Faut pas pousser ! Par contre - vous le sauriez si vous aviez lu le livre où mon maître cafarde tout ce  qui a lieu sur le terrain, ses Âneries, comme il dit si fièrement - je vole. Entendez par là que je m'élève chaque soir dans les airs, ausi légèrement qu'une fée. Voilà qui vous en bouche un coin, pas vrai ?...Mon maître avait été sage de ne pas ébruiter mon escapade, pour une fois. Il a fallu qu'un  Âne à Nîmes vende la mèche  ! Si vous saviez  le nombre de messages que je reçois depuis ! Heureusement, je délègue au bouc. Après tout il est bouc et missaire également, c'est à dire qu'il est chargé des missives. Voilà. Sans rancune, malgré tout, chère amie, et passez me voir un de ces jours, j'ai un faible pour les jolies femmes, le saviez-vous ?...Ciao !

Villegats, le 08 novembre 2014

 

Cher Ane O nyme,

 

C’est moi, Tic Tac, le fameux baudet de Villegats, qui vous réponds.

Je note que si mon maître, par affection pour moi ou par excès de culpabilité, s’est gardé d’éventer mon escapade, vous, par contre, vous ne vous en privez pas. Peu importe, au fond. Ma gloire est telle désormais que plus rien ne peut m’atteindre (la bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe).

 

Ainsi vous me trouvez immodeste et me retirez l’attribut d’Athéna qui pourtant me baigne de sa lumière ? Peuh ! Vous êtes un jaloux. Je suis un modèle d’humilité et de sagesse. Le bouc vous le confirmera.

 

D’abord, je n’ai pas fait exprès de piétiner les rosés des pieds que mon maître convoitait. Je ne les ai pas vus, voilà tout.

 

Quant à votre blague, elle ne fera pas un tabac : elle est usée jusqu’à la corde. Napoléon-écorce…Enfin, je vous pardonne. Mais savez-vous qu’il ne supportait pas non plus la vue d’une orange, pour des raisons à peu près similaires : il n’aimait pas qu’on pèle l’écorce. Celle-ci, elle est de moi (c’est connu : l’hérésie pèle les Corses). Bon d’accord, c’est pas fameux, mais enfin, je me devais de vous répondre.

 

Vous faites allusion au tome 2 de mes aventures, qui vient de sortir, et je vous remercie pour la promotion que vous me faites. Il est très bien. Je viens d’en achever la lecture : je vous le recommande. J’y suis mieux que dans le premier. Je ne cesse de m’améliorer de jour en jour. C’est ce que m’écrivent mes admiratrices. Oui, je vous entends d’ici : « Ce n’est même pas toi qui les a écrites, ces Âneries. » Sans doute, mais je les ai inspirées à mon maître, qui, soit dit en passant, manque un peu d’imagination, et vous cache pas mal de choses de ce qui se passe sur le pré, croyez-moi.

 

Tenez ! Vous a-t-il seulement dit que j’étais passé sur FR3 dimanche dernier dans les actualités régionales du soir ? Non, bien entendu. Il est jaloux, lui aussi. Je lui vole la vedette, et ça, il ne le digère pas du tout. Figurez-vous que le cameraman m’a filmé, moi, et pas lui ! Enfin, moi…mon image. Car mon maître, pour attirer la clientèle des salons littéraires et vendre ses livres, utilise ma photo. Alors, forcément, les gens, tout de suite s’arrêtent, fascinés : « Oh ! Qu’il est beau cet âne !... » Ils parlent de moi, bien sûr. Donc, dimanche dernier, je fus filmé en long, en large et en travers. Au montage, ils en ont coupé pas mal, mais ils ont fini le reportage concernant ce salon par moi : je pourrais être fier, non ?...Même pas. C’est ça, la gloire. On finit par s’habituer.

 

Oui, je me suis évadé l’autre jour. Eh quoi ! Qu’y a-t-il de si grave à vouloir respirer un air de liberté ? Oh ! Bien sûr, on me rétorquera que la liberté n’est plus possible de nos jours pour un âne et mâle domestique (là, il y a un jeu de mots : l’auriez-vu découvert seul, cher ami ?...), sans qu’il soit en danger. Bon. J’ai compris. Je crois que c’est le moment de vous remercier de m’avoir sauvé la vie l’autre jour, non ? C’est vrai : je n’ai pas été très raisonnable. En outre, mon maître a eu très peur. Il s’est blessé en cherchant à m’atteindre, et je m’en veux de cela. Même Jean-Claude aurait pu nous faire une crise cardiaque, ou une urticaire géante, par ma faute, car lui aussi a eu peur, et il aurait bien pu retourner encore aux urgences. Notez, ils commencent à le connaître, là-bas. Ils l’aiment bien. Aussi, quel casse-cou, ce Jean-Claude ! Mais revenons à des choses plus sérieuses.

 

Cher Âne O nyme, je confesse que je me suis mal comporté : mea culpa, mea maxima culpa. C’est vrai que je ne suis pas très raisonnable. Pardonnez-moi, je ne le ferai plus. De toute façon, mon maître a si bien renforcé les portes de ma prison, que je ne risque guère d’en sortir un jour.

Merci, cher ami, de m’avoir ouvert les yeux. Je fais pénitence, depuis ce jour : je n’embête plus le bouc qu’une fois par jour.

Et méfiez-vous de la rillette de doigts, ça fait grossir…

 

Tic Tac

Dimanche 31 mai 2014 

Eh bien, merci, Marie-Jo, de ce commentaire, qui me gêne un peu néanmoins. N'est-ce pas la moindre des choses que de s'épauler ici-bas ?...C'était de bon coeur. A une prochaine fois !...

Mercredi 30 avril 2014

Michel,

Merci de votre commentaire, qui me touche. Bien sûr, vous vous en doutez, la connaissance du patois charentais n'est pas un mystère pour moi. Mon prochain recueil de nouvelles, qui devrait sortir sous peu, contiendra deux nouvelles situées dans nos marais. Je me suis fait violence pour ne pas laisser tous les dialogues en patois. Mais comme peu de lecteurs auraient apprécié, je 'ai pas voulu pénaliser les non patoisants, et j'ai élagué un peu. Le premier jet était cependant en patois...Je ne renie pas mes racines. Ceci pour répondre à votre comparaison avec Yves Rabault. A une autre fois !...

Vendredi 4 avril 2014

Chère Anne, ma soeur Anne ! Voici enfin une réaction que j'attendais depuis longtemps ! Elle me prouve plusieurs choses : primo, qu'il est des gens pour se donner la peine de me lire sur ce blog ; secundo, que je leur manque si je cesse d'écrire ; tertio, qu'ils m'aiment bien, malgré tout. Pour ces trois raisons majeures, je vais me remettre à la tâche. N'imaginez surtout pas, chère Anne, que je vous délaisse par lassitude (cela m'arrive cependant parfois). Plusieurs explications à mon abandon momentané de mes rendez-vous : le travail est la première : je prépare la sortie de plusieurs ouvrages, et la relecture occupe un temps important ; j'ai connu un mois de mars très compliqué, avec des concerts assez nombreux et successifs, ainsi qu'un déplacement au pays du roi Arthur, et de tout cela il a fallu que je me remette (on n'a plus vingt ans) ; des perturbations dans l'informatique (ordinateur à la poubelle, puis des troubles sérieux dans la mise en route de son remplaçant ; enfin, des aménagements intérieurs (travaux) qui ont bouleversé mes habitudes de travail. bref, je vous présente des excuses, mais en sont-elles vraiment ? C'est sûr que sans les retours de mes lectrices et lecteurs, j'ai l'impression de n'être point lu, et d'écrire dans le vide, et c'est beaucoup pour cela que je ne suis plus aussi assidu. Je vais donc y revenir plus souvent, promis, chère Anne...et...merci de votre intérêt...

Samedi 8 février 2014

Anne, merci de votre intérêt pour cette fantaisie extratemporelle de faible envergure. Je suis sincèrement surpris de constater que ces écrits qui ne sont que des exercices d'écriture vous interpellent. Vous me demandez s'ils ont une suite : bien sûr. En partie. J'attendais un peu la réaction des lectrices et lecteurs éventuels afin de publier la suite dans ces colonnes.

Par contre, ne croyant pas du tout à l'avenir de cette épopée, je l'ai interrompue pour me consacrer à d'autres formes d'écriture.

Par ailleurs, le temps me manque pour être assidu à mon clavier d'inventeur d'histoires. J'aimerais bien ne faire que cela, mais la promotion est une hydre implacable.

Ceci dit, j'ai été creew dans un temps futur. Cela peut paraître surprenant, de prime abord. Mais le temps n'est pas le paramètre que nous connaissons sur terre. Einstein, n'est-ce pas, l'a montré, et ça se vérifie couramment chez les scientifiques qui observent les trous noirs (dans l'espace, bien sûr...pas de pauvaises pensées). Ainsi, ne soyez pas étonnée, chère Anne, que je voyage aussi facilement dans le temps : j'ai découvert la clé qui ouvre les portes intemporelles...la preuve...

Pour la suite, il faudra attendre la publication de l'épopée...si je ne suis pas mort avant...auquel cas, nous nous retrouverons dans un autre temps, forcément...

Jeudi 6 février 2014

En réponse à Anne : je l'avoue j'ai été Creew et j'ai bien connu les Grouw dans une vie future...

Par ailleurs : le bozo-bozo est un jeu bizarre, qui rend idiot ; j'en veux pour preuve mon excellente camarade de plume, dont je tairai le nom par gentillesse (mais qui rirait bien si elle lisait ces lignes...), qui passa son après-midi, lors d'un salon littéraire, à frotter un petit batôn sur un autre, dans le but de faire tourner une hélice fichée à l'extrémité du second. La stridulation produite par ces frottements m'agaça prodigieusement tout au long de la soirée, et cela amusait beaucoup sa copine et elle, qui rivalisèrent de vigueur pour alimenter les rotors...Jeu d'âge mental : six ans.

Lundi 29 avril 2013

Je réponds avec plaisir aux deux derniers commentaires, ceux de Léa et de Marie-Jo :

- j'ignorais que l'on pouvait fumer la bourrache, mais après tout, on fume bien le hareng...mais, méfions-nous des excès : peut-être que l'excès de cette fumée-là vous amènerait à un état proche de celui de mon âne ?...auquel cas, vous n'auriez qu'à vous en féliciter, car son état d'âne semble assez proche de la béânetitude ...

- quant à mon amie Marie-Jo : alors, là, BRAVO !!!!Un humour de ce niveau-là, bien qu'alimentaire, est à savourer comme un plat rare ; j'en redemande...mais je crains que ce ne soit le début d'une sénescence précoce, dûe à l'usage trop intensif du Bozo-Bozo...elle ne devrait pas en abuser...

4 mars 2013 :

En effet, chère soeur Anne & Co, c'est affligeant ! Hélas ! Je ne fume pas. Mais je me dis parfois qu'il vaudrait mieux. Au moins, j'aurais une excuse...

28 février 2013

Merci à "Âne O'nyme" de son questionnement, tout à fait fondé, sur la Saint-Valentin. N'étant pas très conventionnel, je l'avoue, j'ai raté cette opportunité. Mais je suis ouvert à vos suggestions...

Tic Tac va bien. Malgré ces bains debout à répétition, lui et son maître se portent bien, merci.

PS : soyez rassurée totalement, Ane O'nyme, tout va bien...Je crains hélas qu'aujourd'hui, ce ne soit Tic Tac en personne qui m'ait entraîné sur des chemins pas très catholiques, pardonnez-nous...

Bien sûr, un de ces jours, une autre ânerie. Je vous invite, en attendant, à vous rendre sur ma nouvelle rubrique quotidienne : A travers champs. Si la première semble un peu rébarbative, les autres seront plus attractives, j'espère, étant infiniment variées...